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Dans le grand verre de mon existence, les bulles passent mais ne se ressemblent jamais. 100 fois sur le métier je questionne le sens de leurs passages dans mon intimité et découvre un nouvel angle sous lequel les interpréter. Lune de mes plus grandes exclamations concerne la marque "Guinness". Lorsque nous écrivions "404 bières à déguster", Alain et moi, nous portons un regard sur les bières, et non sur les marques. En vertu de cette attitude, nous fûmes les premiers étonnés des variations dans les évaluations que nous avions portées à légard de trois versions de la célèbre bière offerte au Québec: celle brassée sous contrat par la brasserie Labatt du Canada, celle offerte en canette azotée par la maison mère en Irlande et la "classique", offerte en fût. |
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Les célèbres PUB anciennes
Guinness
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Voici les textes que nous avons écrits concernant ces trois versions:
Dans la version originale (publiée en 2000)
Guinness bouteille (Labatt), bouteille 341 ml. 5 % alc./vol.
"Noire à la mousse beige. Nez désagréable dhuile rance. Mince en bouche, une saveur de rôti-chocolat dilué se dégage avec peine en arrière-goût. Mario: "Une insulte à la Guinness!" Alain: "Je ne vois vraiment pas dintérêt à acheter cette variété de Guinness."
Nous lui accordions alors 1/2 étoile chacun.
Guinness Pub Draught (Guinness Ireland Group), canette azotée 440 ml., 4,1 % alc./vol.
"Une classique à regarder, à admirer! Noire comme nuit avec une mousse blanc-beige. Sent le pain rôti, le grain du café moka, le biscuit à l,avoine
la liste est longue! Une minceur déconcertante en bouche: c,est une bière désaltérante! Mario: "Spure déslatérante!" Une belle amertume de houblon et de torréfaction en finale. Alain: "Une finesse dans la torréfaction des malts." Modèle stable: goût fiable. La stabilité des désinvoltes (ou des grandes commerciales) et la richesse des bières de dégustation. Un modèle incontournable."
Nous lui accordions alos la note maximale: 4 étoiles chacun.
Guinness en fût
"Noire comme une nuit sans lune, coiffée de sa mousse légendaire. Aqueuse en bouche, lamertume du rôti se développe en débutant par des ntoes de pain grilllé puis évoluant vers le pain rôti pour finir en toast brûlé. Lamertume sapproprie sans ménagement tout larrière-goût."
Nous accordions à cette version trois étoiles chacun.
Un an plus tard.
Guinness bouteille (Labatt), bouteille 341 ml. 5 % alc./vol.
"Un arôme timide de grain plein (plutôt que concassé). En bouche, le pétillement très présent nous distrait du goût. Dur, il tombe tout de suite en laisant en bouche un léger filet brûlé. On a limpression dun café froid. Alain: "Avec une acidité désagréable en arrière-goût."
Alain lui accordait alors 2 étoiles, moi 2 1/2.
Guinness Pub Draught (Guinness Ireland Group), canette azotée 440 ml., 4,1 % alc./vol.
"Son nez gazeux laisse passer le cappuccino et des notes de chocolat. Des marques de torréfaction, tantôt lamertume, tantôt le sucré de chocolat noir, valsent en bouche. Mairo: "Jai développé une intolérance à lazote. Je trouve ça déplaisant; je nembarque plus là dedans." Un post-goût de brûlé reste accroché au palais."
Alain lui accordait alors 3 1/2 étoiles, moi 2.
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Que de variations pour la même marque. Et surtout le terrible constat que la bouteille de la brasserie Labatt avait fait un saut prodigieux en terme détoiles. Certains lecteurs ont sursauté et nous ont signalé lincongruité de la situation. Comment une bière brassée sous licence, utilisant un "sirop colorant" pouvait mériter plus détoiles que la version de la maison-mère? Une partie de la réponse réside dans le fait que justement, il semblerait que le "sirop-colorant" est en fait une bière brassée par Guinness à Dublin, selon les méthodes traditionnelles. Une partie de la bière est affinée dans des foudres de chêne, subissant alors une acidification! Les bières élaborées à contrat ailleurs dans le monde doivent intégrer une proportion de cette souche-mère. Guinness refuse toutefois de confirmer cette procédure mais surtout ne la nie pas! Elle se contente seulement de dire quune procédure "secrète" est utilisée dans la préparation des ses bières. Cela expliquerait les variations de qualité dans ses différents produits!
Cette procédure nous indique également que la version "Labatt" de la Guinness pourrait même être plus fidèle à la saveur traditionnelle de la Guinness que la Pub Draught elle-même! Il faut en effet se souvenir quil sagit de la première bière contractuelle canadienne. Le contrat ayant été convenu en 1950! Le système "Pub draught" a de son côté été développé dans les années 1990. Nonobstant cette hypothèse, le fait que la version "bouteille" vendue aux États-Unis est celle qui est faite par Labatt au Canada reflète la satisfaction de la maison mère. Cette réalité lève le voile sur une autre pratique commerciale douteuse, quoique tout-à-fait légale. Létiquette sur la bouteille indique clairement que la bière est importée! Les mots "St. James Gates" sont aussi nettement en évidence, encore plus que sur létiquette du produit venu au Canada. Lorigine géographique du produit est imprimé en petit caractère. On se laisse ainsi facilement berner. |
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Une petite page dhistoire
Deux événements ont grandement contribué à lessor de la compagnie. La taxation sur le malt et la Première Guerre mondiale. Avant le système de taxation basé sur le % dalcool, plusieurs méthodes étaient utilisées à différents endroits. Lune de celles-ci était tout simplement de taxer les matières premières. Lorsquune taxe fut prélevé sur le malt roti, Guinness décida de remplacer le malt rôti par de lorge rôtie et intégra de lorge en flocon dans ses recettes. Elle développa ainsi un nouveau style de "porter" un peu plus sec. Lors de la Première Guerre mondiale, les limitations énergétiques imposées en Grande-Bretagne ont tout simplement tué le marché des stouts et porters dans le royaume. Les mêmes limitations nexistaient pas de lautre côté de la mer dIrlande, le vent du succès soufflant alors dans les voiles de la brasserie.
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La levure actuelle utilisée dans son brassage origine dune sélection faite parmi les levures originelles. Une levure non floculente que lon pourrait nommer de "fermentation intermédiaire": elle monte peu en surface et évite de fréquenter le bas des cuves. Elle travaille à une température de 25 C.
Au milieu du XXe, alors que le vent des fûts modernes menace la paisible existence des "casks", Guinness opte pour une approche intermédiaire. Il sagit dun heureux compromis qui permet aux bontés de lair ambiant de se faufiller dans la robinetterie, de se faire sculpteur et de surtout être à labri des dénonciations de la CAMRA. La maison utilise deux bonbonnes: un réservoir de gaz carbonnique et un réservoir dazote. Ce système requiert le développement dune pompe particulière que lon remarque facilement au comptoir. Le soutirage dun verre nécessite ainsi des soins appropriés, nourrissant les discussions sur lart du service dune Guinness. Le résultat est spectaculaire dans les verres. Au fil des gorgées, la bière rédige sur la paroi lhistoire de son passage dans le vase. Le besoin démuler cette narration gustative a incité la maison à inventer le système "draught flow", lune des inovations les plus importantes du service de la bière à domicile ces dernières années.
De nos jours, il existe cinq variations principales de la Guinness, mais plus de 19 interprétations reconnues par la maison-mère:
Draught Guinness
La plus connue mondialement, et la plus vendue.
Soutirée en fût, elle titre 4,2 % alc./vol.
Guinness "Draught-flow"
La petite dernière, renfermant le réservoir dazote "widget".
Soutirée en cannette (et maintenant en bouteille aussi), elle titre 4,1% alc./vol.
Guinness Extra Stout
La traditionnelle, brassée sous licence à plusieurs endroits, dont au Canada, soutirée en bouteille titrant habituellement 5 % alc./vol.
Guinness continentale et antillaise
La version à haute densité, soutirée en bouteille et titrant 7.5% alc./vol.
Guinness refermentée
Conditionnée en bouteille, titrant 4,3% alc./vol.
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